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Mis en ligne le 23 Décembre 2010
Par Patrice Ndeta

Journées du marché financier de l’Afrique centrale

Mardi, 7 décembre 2010, à Brazzaville, se sont éteints les lampions des travaux de la deuxième édition des J.m.f.a.c (Journées du marché financier de l'Afrique centrale) ouverts lundi 6 décembre dernier, à l'auditorium du Ministère des affaires étrangères, par le représentant personnel du président de la République, Pierre Moussa, ministre d'Etat, coordonnateur du pôle économique, ministre de l'économie, du plan et de l'aménagement du territoire.

"La bourse au service du financement des entreprises de la C.e.m.a.c". Tel a été le thème de cette deuxième édition des J.m.f.a.c, dont la Banque mondiale a été le principal appui financier et la société Mtn, le sponsor officiel. Animées par des experts des marchés financiers venus d'Europe, d'Afrique de l'Ouest, du Maghreb et de la zone C.e.m.a.c (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), ces journées ont regroupé plusieurs centaines de représentants de l'Afrique centrale du secteur financier et du monde des affaires.

Pour Alexandre Gandou, président de la Cosumaf, ces moments d'échanges se sont inscrits dans l'optique du projet de renforcement des capacités initié par les chefs d'Etat de la C.e.m.a.c à l'endroit des acteurs du marché financier de la communauté, en vue de favoriser l'amélioration du cadre du marché des valeurs mobilières. «C'est un moment crucial où les participants et les entreprises poseront clairement la problématique du financement des investissements par recours au marché financier et connaîtront la structure organisationnelle du marché financier. Etant donné que le marché financier est une source alternative de financement qu'une entreprise peut solliciter, pour assouvir son ambition de croissance», a-t-il expliqué.

Ouvrant les travaux, le ministre Pierre Moussa, intervenant en sa qualité de président du conseil des ministres de la C.e.m.a.c, a déclaré: «Les assises de Brazzaville sont les bienvenues car, elles interviennent au moment où les Etats membres de la C.e.m.a.c ont réaffirmé leur attachement à l'intégration régionale à travers la définition d'une vision commune du développement économique et leur détermination à mettre en œuvre le P.e.r (Programme économique régional). Mais, le financement de ce vaste programme économique nécessite, indéniablement, le renforcement des capacités du marché financier régional qui permettra de baliser la voie et de contribuer au financement des projets

épousant la vision C.e.m.a.c 2025.»

Situant le niveau d'évolution du marché financier africain par rapport aux autres marchés du monde, Pierre Moussa a reconnu que «le marché financier régional de la C.e.m.a.c est embryonnaire et se construit dans un environnement caractérisé par la prédominance des lignes d'emprunts obligataires, par la faiblesse des fonds propres des entreprises, par une insuffisance de culture financière, par un manque de crédits au secteur privé, par l'existence d'une surliquidité bancaire, enfin, par l'inexistence de lignes d'actions cotées». «Dans un tel contexte, a-t-il conclu, l'accès des entreprises en bourse doit être encouragé, car cela constitue une véritable priorité capable de mobiliser les acteurs du marché, les institutions financières et les responsables de différents corps de métiers aux côtés des pouvoirs publics. S'il est vrai que la bourse est, fondamentalement, destinée à assurer le financement des entreprises, force est de préciser que son développement n'est pas l'apanage des seuls milieux d'affaires, car elle doit reposer sur la concertation et la convergence d'idées émanant de toutes les parties prenantes».

Après des échanges nourris et fructueux sur les panels suivants: «Le rôle des pouvoirs publics», «Le rôle des organismes de financement et de garantie», «Les mesures de développement du marché financier de la C.e.m.a.c» et «Mode d'emploi pour une entrée en bourse d'une entreprise» autour desquels se sont articulés plus d'une dizaine de thèmes aussi riches que variés, comme «Le rôle des Fonds souverains», «Le rôle des Fonds de garantie» «Financement des entreprises par le marché financier: le cas de la Bourse de Casablanca»; «Les mesures de développement du marché financier de la C.e.m.a.c», «Comment une entreprise se prépare-t-elle à l'appel public à l'épargne», etc., les participants ont tiré un bilan de l'évolution actuelle du marché financier de l'Afrique centrale et projeté l'avenir, en mettant en évidence la nécessité d'adopter des mesures vigoureuses destinées à approfondir le marché et à optimiser son développement.

Aussi ont-il tiré des conclusions et des recommandations parmi lesquelles: la nécessité d'un effort collectif et d'une convergence d'idées des pouvoirs publics et des différentes parties prenantes, pour assurer le développement de la bourse; favoriser les synergies et le rapprochement des moyens techniques et humains des deux bourses des valeurs; renforcer le rôle d'acteur du marché de la B.d.e.a.c; promouvoir des mesures fiscales incitatives destinées à encourager la demande de titres, promouvoir la création de fonds de garantie comme structures d'appui au développement du marché financier, etc. Rappelons que cette deuxième édition est intervenue six ans après celle de Libreville, au Gabon, et dix ans après la mise en place des institutions centrales du marché financier africain: la Cosumaf et la B.v.m.a.c (Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale).


Source: Afrique Finance, Afrique du Sud


La rédaction


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