L’actualité politique du Burundi semble indiquer que le gouvernement burundais ignore le véritable visage du pays. Nous nous sentons dans l’obligation de rappeler certains aspects saillants du pays. Et nous continuerons à le faire avec l’intime conviction que le lecteur qui est aussi l’électeur s’appropriera de ces information pour les utiliser au moment opportun.
Le Burundi comptait 7.3 millions d’âmes en 2004, alors que le recensement général du pays en 1990 faisait état de 6 millions d’habitants. La croissance démographique aurait été entre 1.9 % et 2,3 % selon les sources. Avec un taux moyen de croissance démographique de 2.2 %, le pays pourrait être peuplé de plus 10 millions d’habitants à l’horizon de 2013. Le Burundi est aussi l’un des pays les plus densément peuplé d’Afrique avec atour de 300 habitants au km2. La population est donc dense, mais elle est aussi inégalement répartie en âge et dans l’espace. Elle est essentiellement jeune car les personnes de moins de 16 ans étaient autour de 45 % en 2001. Elle est aussi rurale et pour preuve plus de 90 % de Burundais habitaient encore la campagne et vivaient de l’agriculture en 2004, car la ville n’hébergeait que 8.4 % de la population totale du pays.
Le pays est fortement atteint par la pandémie du Sida. Selon une enquête nationale menée en décembre 2002, le Sida était la cause principale de mortalité, celle des adultes comme celle des bébés. En particulier, la mortalité infantile est passée de 110 décès pour milles en 1992 à 116 pour milles en 2000. Pour la même époque, elle est passée de 0.7 % à 2.5 % en zone rurale. Par contre, en ville, elle a évolué en sens inverse : de 11 % à 9.48 % pour la même époque. Selon la même enquête, 56 % des séro-positif étaient des femmes. L’espérance de vie des Burundais était de 44.2 ans en 2004. En plus de la pandémie du sida, il y avait, et il y a toujours d’autres maladies telles que: la malaria et le paludisme qui continuent de faire des ravages. Pour faire face à la situation, les moyens ont été et sont encore dérisoires. En 2001, le budget destiné au ministère de la santé publique était de 2.5 % du budget national. En 2004, le nombre de médecins était de 200 personnes soit 0.03 sur milles, celui des infirmiers (et infirmières) était de 1348 soit 0.19 sur milles et celui des pharmaciens était 76 soit 0.01 sur milles.
En 2001, le budget destiné au ministère de l’éducation nationale était de 15.2 % de l’ensemble du budget national. L’enseignement était un peu plus pourvu que la santé publique. Mais les résultats n’en sont pas moins désastreux. En 2004, l’enrollement à l’école primaire était de 79.9 %. Mais l’enrollement à l’école secondaire était de 11.8 % et l’enrollement à l’école supérieure était de 2.3 %.
La guerre civile aurait coûté la vie à plus de 300000, peut-être même à un demi-million de personnes. Plus de 800000 Burundais vivent encore en exil extérieur comme réfugiés politiques. Bien plus, le Burundi connaîssait encore en 2004 plus de 145000 exilés intérieurs. Il y avait aussi les enfants sans domicile fixe, qu’on appelle communément enfants de rue qui seraient au nombre de 5000.
Au niveau mondial, le Burundi bat ce triste record de pays le plus pauvre du monde. En 2004, son PNB par tête était de 90 $us, ce qui est la statistique la moins élevée dans ce domaine à travers le monde. Cela ne tombe pas du ciel. Les données que nous venons de présenter en sont, en grande partie, la cause. Pour faire face à la croissance démographique, le pays aura besoin d’une plus forte productivité dans l’agriculture. Le financement de la santé publique et de l’éducation nationale et la création de beaucoup d’emplois exigeront une solide industrialisation. Et cela ne serait possible que si le pays retrouvait la paix et que les institutions démocratiques pouvaient fonctionner adéquatement. Seulement le grand handicap aujourd’hui comme hier est constitué par la direction politique du pays. Les dirigeants du pays passent tout leur temps à terroriser, voler et tuer la population civile. Il serait donc difficile d’espérer des jours meilleurs. En 2004, l’aide internationale se chiffrait à 350.7 millions de $us, soit un peu plus de 50 % du PIB. Les données de 2005 et celles de cette année pourraient ressembler à celle des années précédentes. Par exemple, sans l'aide récente de la Belgique, le gouvernement serait incapable de payer les salaires des ses employés pour ces prochains mois. Cela est une indication que sans l'aide internationale le pays exploserait.
Sources: worldbank.org, who.int, imf.org, Pnud, Unfpa, etc..
La rédaction
Copyright @ www.amayagwa.com