Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill)

Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre.

Mis en ligne le 23 Avril 2011
Par Patrice Ndeta

Etats-Unis: Le Burundi souffre beaucoup du manque d’investissement

L’état de l’économie burundaise laisse à désirer. C’est le point de vue du Département d’Etat américain qui s’appuie parfois sur les études faites par “Doing Business” et “Transparency International”. Ce qui est assez nouveau, c’est que le gouvernement fédéral américain fasse siens les résultats de ces études et surtout qu’il fournisse certaines précisions qui illustrent davantage la médiocrité des activités économiques burundaises.

D’emblée, l’étude publiée par le Département d’Etat américain reconnaît que le Code d’Investissement burundais adopté en 2008 est un bon outil pour les investisseurs étrangers. Mais elle affirme du même souffle que les critiques exprimées par “Doing Business” et “Transparency International” sont pertinentes, en particulier, en ce qui a trait à la corruption dont le Burundi est un des champions mondiaux. L’étude américaine déclare aussi que malgré l’adoption de ce Code d’Investissement, la privatisation de la filière café a été un échec patent.

Mais l’aspect le plus intéressant de l’étude est le marché des capitaux. Le Code d’Investissement n’a pas crée un mécanisme clair qui permettrait aux investisseurs de rapatrier leurs dividendes. Pire les méthodes de financement étranger des investissements ne sont pas bien définies, l’autorité du marché des valeurs mobilières(stock market) étant inconnue.

L’étude affirme aussi que le marché local des capitaux manque de ressources. Et le Code d’Investissement n’a défini aucune réglementation pour encourager l’investissement de portefeuille. L’étude révèle que les autorités américaines auraient constaté cet état de fait en mars 2010 et auraient offert à la BRB (Banque de la République du Burundi) ses services pour l’élaboration de cette réglementation et la mise en place du marché d’obligations (bond market). Seulement, selon la même étude, le marché financier burundais est si petit et fonctionne trop avec des liquidités que le mouvement de gros capitaux est impossible. Un autre fait évident est l’absence totale du marché d’hypothèques (mortgage market) ce qui réduit le nombre de mises en chantiers.

Et tout ceci vient donc du fait que marché financier burundais est petit et très oligopolistique. Il est fait de trois banques, selon cette étude. Il y a l’IBB (Intebank Burundi) avec ses 126 millions de $us, la BCB (Banque de Crédit du Burundi) qui vaut 110 millions de $us et la BANCOBU (Banque Commerciale du Burundi) riche de ses 67 millions de $us. A cela, il faudrait ajouter les micro-crédits dont les activités seraient marginales en valeur.

L’autre lacune du Code d’Investissement burundais serait l’ignorance totale des standards internationaux en matière d’affaires. Le Burundi est membre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et a signé tous les protocoles de cette organisation. Parmi ces protocoles, il y a celui relatif aux brevets de fabrication (TRIPS) et celui de la propriété intellectuelle (IPR). Mais le Burundi vit encore avec une économie de subsistance ce qui fait que l’IPR ne veut rien dire pour le Burundi. Par contre, le TRIPS serait nécessaire en ce qui concerne, par exemple, les produits pharmaceutiques qui sont tous importés. Mais dans ce domaine comme dans d’autres, le respect de la loi est inhibé par la trop grande corruption qui sévit dans le pays.

Le Burundi est aussi membre de l’Agence Mondiale de Garantie d’Investissements Multilatéraux et il a signé l’Accord d’Investissement Privé Etranger: OPIC (Overseas Private Investment Corporation). Mais, jusqu’en ce début de 2011, l’investissement étranger demeure négligeable et aucune entreprise affiliée à l’OPIC n’existe au Burundi. Et puis la devise nationale burundaise, le Fbu (BIF) n’est toujours pas convertible sur le marché international. Pour ses opérations, en janvier 2011, l’Ambassade des Etats-Unis au Burundi a acheté des Fbu au taux de 1245 Fbu. Et ce Fbu risque d’être dévalué souvent dans l’avenir.

Mais l’étude reconnaît que, depuis l’adoption du Code d’Investissement, le Burundi a déjà bénéficié de plus de 177 millions de $us d’investissements. Et plus de 45 % de ces investissements sont étrangers. Tous ces investissements se sont dirigés vers les industries du tourisme, de l’agriculture commerciale, des transports et de l’assemblage manufacturier. Les investisseurs étrangers sont originaires de l’Afrique de l’Est, de l’Inde et de la Chine. Personne n’a, jusqu’aujourd’hui, investi dans la recherche, sauf quelques projets dans le domaine de l’agriculture. Et puis la législation interdit d’investir dans l’industrie d’armement.

L’étude a été faite pour éclairer les entreprises américaines. Elle reconnaît qu’aune entreprise et aucune personne américaines ne souffrent de discrimination au Burundi. Elle affirme aussi qu’aucun article de la nouvelle législation ne vise à attaquer les intérêts américains. Mais elle déclare aussi le Burundi ne tient aucune base de données statistiques relative à l’investissement étranger et que donc le public ignore le niveau d’investissements américains au Burundi. Enfin elle insiste sur le fait que le Code d’Investissement est muet quant aux politiques spécifiques et procédures d’investissement.

Source: U.S. Department of State, Diplomacy in Action


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La rédaction


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