Le Common market for Eastern and Southern Africa ou COMESA est une zone de libre échange. La déclaration de Lusaka de 1978 et toute les tractations qui l’ont précédée pendant presque toute une décennie le veulent ainsi sous le sigle de PTA : Preferenfial Trade Area for Eastern and Southern Africa. Mais la signature officielle intervient le 21 Décembre 1981 lors d’une conférence au sommet. Seulement la Comesa entre en vigueur 9 mois plus tard, le 30 Septembre 1982.
Alors que tous les chefs d’Etat de la région sont présents lors des différentes conférences au sommet et ont apposé leur signature sur le document constitutif de la communauté, certains noms de pays ne figurent curieusement pas sur la liste des pays membres. Ici, nous vous présentons cette liste de pays membres avec quelques indicateurs jugés importants. Vous aurez plus loin celle des non-membres.
............... Pop. ... PIB ... P/c .. Inf. .. Ind. .. Inv. ... Deb. ... E.R.
1. Angola...... 15.5 ... 19.5 ... 930 ... 42.2 ... 57.7 ... 12 ..... 68.5 .. 89.45
2. Burundi..... 7.3 ... 0.65 ... 90 ... 6.4 ... 20.0 ... 10.6 ....15 ....1024.3
3. Comores ..... 0.58 .. 0.36 ... 560 ... 2.5 ... 12 ..... 10.5 ....70 ... 396
4. DR Congo.... 55.9 ... 6.6 .... 110 .... 5.9 ... 20 ..... 12.8 ... 35.6 ... 437
5. Djibouti..... 0.77 .. 0.66 ... 950 .... 3 ..... 14.8 ... 12.8 ... 44.9 ... 182
6. Egypte ..... 72.6 ... 78.8 ...1250 ... 11.5 ... 36.9 ... 16.6 ... 32.2 .... 5.7
7. Erithrea.. . 4.6 ... 0.92 ... 190 ... 20 ..... 24.2 ... 21.8 ... 53.3 .... -
8. Ethiopie.. . 70.0 ... 8 ...... 110 .... 9.5 ... 9.5 ... 21.2 ... 30.4 ..... 8.7
9. Kenya ...... 33.5 ... 16.1 ... 480 .... 6.9 ... 17.2 ... 18.3 ... 34.4 .... 71.5
10. Libye ..... 5.7 ... 29.1 ... 4400 ...19.9 ... - .... - ...... - ...... 1.3
11. Madagascar. 18.1 ... 4.4 .... 290 ....14.3 ....16.0 ... 27.5 ... 38.1 .... 9050
12. Malawi .... 12.6 ... 1.9 .... 160 ... 11.6 ... 16.6 ... 11.0 ... 59.8 ..... 141
13. Mauritius.. 1.2 ... 6.0 ... 4640 ... 6.0 .... 29.7 ... 23.9 ... 42.7 ..... 31
14. Rwanda ..... 8.9 ... 1.8 .... 210 ... 12.6 ... 21.5 ... 20.8 ... 14.9 ..... 538
15. Seychelles . 0.08 .. 0.7 ... 8190 .... 4 ..... 27.5 .... 9.5 ... 96.5 ...... 5.4
16. Soudan .... 35.5 ... 21.1 ... 530 ....10.6 ... 24.6 .... 20.0 .. 151 ....... 233
17. Swaziland.. 1.1 ... 24.4 ...1660 ... 5.3 .... 47.3 .... 18.3 .. 26.8 ...... 6.19
18. Uganda .... 27.8 ... 6.8 ... 250 .... 6.0 .... 21.2 .... 22.5 .. 33.4 ..... 1841
19. Zambie .... 11.5 ... 5.4 ... 400 .... 20.2 ... 26.9 .... 26 .... 35.9 ...... 3261
20. Zimbabwe .. 12.9 ... 4.7 ... 620 ... 350.2 ... 22.7 .... 12.8 .. 33.4 .... 99199.3
................ Pop. ... PIB ... P/c .. Inf. .. Ind. .... Inv. ... Deb. ..... E.R.
1. Botswana ......1.8 ....9.0 ... 4360 .... 4.8 .... 50.9 .... 30.9 ... 6.4 ...... 5.6
2. Lesotho...... 1.8 ... 1.3 ... 730 .... 1.7. ....40.6 .... 41.5 ... 44. ...... 6.4
3. Mozambique...19.4 ... 6.1 ... 270 .... 12.6 ....31.2 .... 20.1 ... 17 ...... 27285
4. Namibie .... 2.0 ... 5.7 ....2380 ..... 2.9 ... 31.7 .... 25.5 ... - ........ 6.27
5. South Africa 45.5 ... 212.8 . 3630 ..... 5.9 ... 31.8 .... 17.7 ... 16.8 ..... 6.05
6. Tanzanie ... 37.6 .... 10.9 .. 320 ..... 4.0 ... 16.7 .... 19.2 ... 21.9 ..... 1017
Le taux d'échange est daté du 30 Avril 2006, alors que les autres données sont de la fin de 2004.
Le Comesa est donc constitué de 20 membres, alors que le Traité de la PTA a été signé par 24 pays, puisque même la Somalie était présente au rende-vous. L’Afrique du Sud et le Botswana ont toujours été absents des rencontres du fait de l’Apartheid qui prévalait encore en Afrique du Sud. Mais la PTA les a bien invités à la rejoindre dès la fin de la politique ségrégationniste. Il est assez étonnant qu’aujourd’hui ces pays soient toujours en dehors de la PTA. Mais que dire de la Namibie et du Mozambique ? Ce qui est plus frappant c’est l’absence de la Tanzanie qui a participé à toutes les rencontres de la création de la PTA.
Le Comesa est doté d’une foule d’institutions dont une cour de justice, une banque de développement, une compagnie d’assurance, etc.. Il a son siège social à Lusaka en Zambie et reconnaît l’Anglais, le Français et le Portugais comme ses langues de travail. Par l’article 74, la banque aura le pouvoir d’émettre des ESACU (eastern and southern africa currency) qui sont les équivalents des SDR (special drawing right) du FMI. Par l’article 72, la PTA recommande la stabilité monétaire et une harmonisation des politiques économiques, fiscales et monétaires. Par l’article 4, elle affirme qu’elle vise même l’établissement d’une union douanière. A l’intérieur de la zone, 11 pays (Burundi, Djibouti, Egypte, Kenya, Madagascar, Malawi, Mauritius, Rwanda, Soudan, Zambie et Zimbabwe) ne payent plus de tarif de douane. Les autres pays évoluent lentement vers le tarif zéro. Le Comesa fonctionne en 4 étapes d’évolution. Il serait actuellement à la deuxième étape qui est celle de la convertibilité des devises nationales. Et l’horizon est 2025 qui est celui de l’établissement de l’union monétaire.
Nous connaissons l’existance de la EAC ou East African Community qui regroupe la Tanzanie, l’Uganda et le Kenya. Le Burundi et le Rwanda pourraient en devenir membres d'ici peu. L’EAC se définit déjà comme une union douanière et vise l’établissement rapide d’une union économique. Cela pourrait expliquer l’absence de la Tanzanie au Comesa. L’existance de la SACU(Southern african custom union) qui regroupe l’Afrique du Sud, le Botswana, Lesotho, le Mozambique, la Namibie et le Swaziland serait la raison pour laquelle ces pays semblent bouder le Comesa. Ce qui est facilement observable chez les deux est la rivalité, la surenchère pour aller le plus vite vers l’union économique. Mais comme le Comesa et d’autres unions économiques le disent, il y a des étapes qu’il faut absolument franchir, sinon c’est un échec assuré avec son cortège éventuel de troubles sociaux et même de massacres. Une des étape est la stabilité des prix qui passe par la maîtrise de l’inflation. L’autre étape importante est la stabilité du taux d’échange dont dépend une gestion rigoureuse de l’offre de monnaie. Après et grâce à leur coopération, les pays membres doivent tendre vers l’harmonisation de leur politique économiques, fiscales et monétaires. Tout cela, à terme, devrait créer un certain niveau de convergence vers un même niveau de productivité et de PIB. Au regard des tableaux que nous avons ci-haut, les disparités sont encore énormes. A la Sacu, à part le Mozambique, la convergence pourrait être atteinte dans un avenir pas très lointain. Mais le Comesa et l’Eac, ont encore une grosse pente à remonter, en particulier en matière du taux d’échange et du niveau d’endettement.
Des pays sont en train de se doter d’outils de développement. Et cela est un point absolument positif. Une étape importante dans ce processus de développement est le travail des media qui est celui d’informer, expliquer et surtout provoquer le débat. Même dans les pays dit développés, ce debat n’est pas évident du fait que les technocrates, dont les politiciens font partie, prennent pour acquis le soutien de la population. L’exemple facile est les consultations référendaires faites en Europe pour l’adoption du nouveau traité d’union européenne. C’est pourquoi nous trouvons la démarche de Comesa un peu plus sage pour autant que d’ici 2025, les media aient la volonté, le pouvoir et les moyens de faire leur travail.
Des pays qui s’entendent pour abolir le tarif de douane dans leurs échanges commerciaux. Seuls les biens et services sont en jeu.
Une zone de libre échange qui se dote d’un tarif de douane unique dans ses échanges avec les pays non-membres de l'union.
Une union douanière qui, en plus des biens et services, libéralise aussi la mobilité des personnes au sein de tous ses pays membres. Logiquement une union économique est aussi une union monétaire, mais l'inverse n'est pas vrai.
Sources: www.worldbabk.org, www.comesa.int, www.eac.int, www.sacu.int, www.africa-union.org
Patrice Ndeta
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