La corruption est sanctionnée d'un niveau de perception très élevé au sein de la population car une personne sur deux affirme en avoir été victinme ou connaître dans son environnement une personne qui en est victime. Par ailleurs, on ne peut plus lutter efficacement contre la corruption puisque les responsables des délits de la corruption restent impunis et que l’environnement socio-économique des fonctionnaires ne s’améliore pas. C'est la conclusion de cette Etude menée sur ce phénomène par Mr. Nimubona et Mr. Sebudandi, tous deux, professeurs à l'Université du Burundi et rendue publique à la fin de ce dernier mois d’avril 2007.
L’enquête effectuée sur une échantillon de 1751 personnes à travers le pays aura démontré que la population est en grande colère face à la corruption. Mais elle n’arrive pas à proposer une solution collective claire pour lutter contre la corruption, c’est pourquoi elle adopte une attitude de révolte passive c'est-à-dire qu’elle éprouve le «syndrome de la victime assiégée» comme l’a bien souligné l’étude. La population trouve impossible de mener une action collective contre la corruption aussi longtemps que les criminels économiques et les auteurs de délits et des crimes économiques ne sont pas sévèrement sanctionnés. Elle croit que les mécanismes légaux ou institutionnels qui existent aujourd’hui sont inefficaces pour réprimer la corruption. Selon cette étude, une forte volonté politique est indispensable pour encourager la population à passer de la résignation à la lutte acharnée contre ce fléau. Les secteurs les plus touchés par la corruption sont dans l’ordre de grandeur : la justice, la police, l’administration publique, l’éducation, l’aide humanitaire et la santé.
Concernant la justice qui est le secteur le plus touché particulièrement par ce fléau, l’étude a montré que la population est extrêmement en colère contre d’abord les tribunaux de résidence, ensuite les tribunaux de grande instance, et enfin les autres juridictions supérieures. La colère de la population est accentuée lorsqu’il s’agit des questions sensibles comme les problèmes fonciers et la violation des droits fondamentaux de la personne humaine. Les stratégies de lutte contre la corruption proposées par les deux consultants s’orientent autour de trois axes, à savoir : la prévention, la dissuasion et la répression.
La prévention s’orienterait vers une politique de formation, de sensibilisation et d’éducation. A en croire cette étude, il faudra sensibiliser et éduquer les populations à leurs droits, notamment le droit de propriété. Selon les deux chercheurs, il faudra aussi éduquer les jeunes en introduisant dans les manuels scolaires d’éducation civique les aspects de lutte contre la corruption. La dissuasion, quant à elle, devrait être partie intégrante de la lutte acharnée concertée c'est-à-dire que la société civile, le gouvernement, les media et la population doivent œuvrer ensemble pour bien mener cette lutte. L’étude affirme qu’il faudra exploiter les mécanismes culturels de sanction morale à la base comme la publication des listes des personnes corrompues avérées par les sentences des tribunaux. Enfin pour ce qui est de la répression, l’étude propose d’améliorer les cadres légaux et institutionels déjà en place. Cela signifie que, notamment, la loi anti-corruption soit renforcée et que la brigade anti-corruption, l’Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes soient indépendantes et autonomes pour pouvoir réprimer correctement et sévèrement les crimes de corruption et les pratiques corruptives. Les consultants ont enfin mis en évidence l’amélioration de l’environnement socio-économique des fonctionnaires comme une des importantes solutions contre l’expansion du phénomène de la corruption au Burundi.
La rédaction
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