Mise en ligne le 02 Mars, 2009
Par Patrice Ndeta
La EABC (East African Business Council), dont le siège social se trouve à Arusha, a mené une étude sur la fluidité du commerce dans la région de l’Afrique de l’Est. Les pays visés par l’étude sont les 5 pays membres de la CAE (Communauté de l’Afrique de l’Est) qui sont le Burundi, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie.
L’étude ou BCI (Business Climate Survey Index) est basée sur des interviews accordées à certains acteurs importants dans le commerce transfrontalier. Les chercheurs de BCI ont interrogé 240 dirigeants d’entreprise, 140 chauffeurs de camion et 187 agents d’entreprise chargés du dédouanement. Les entreprises visées par l’étude étaient de toutes tailles économiques. Et les chauffeurs interrogés étaient ceux actifs dans le commerce transfrontalier au sein de la CAE. L’étude a découvert que chaque camion a passé, en moyenne, 64 minutes à chaque poste de douane. Elle a révélé aussi que chaque camion, en cours de route, s’est arrêté 4 fois pour des fouilles et a perdu ainsi 4.2 heures. Sur une base annuelle, chaque camion a perdu 218 heures.
Dans l’ensemble de la CAE, 5000 camions auraient franchi les frontières de leurs pays et auraient perdu 45 487 jours annuellement. Mais ces camions ont dû s’arrêter à beaucoup d’autres endroits, sur leur parcours, pour des fouilles de routine et ont perdu d’autres 53 083 jours. Enfin il y a d'autres endroits particuliers qui sont les ponts où les camions ont dû subir la pesée de leur poids. Les camionneurs ont estimé qu’ils ont perdu 73 666 jours à attendre leur tour pour la pesée de leur camion.
Et 54 % de dirigeants d’entreprises interrogés ont déclaré que le processus de dédouanement était lent. C’est au Kenya que ce processus est le plus lent. Plus de 70 % d’agents de dédouanement ont soutenu que les fonctionnaires de la douane étaient incompétents. Ils se sont aussi plaints du mauvais traitement dont ils ont été souvent victimes.
Mais le plus grand obstacle au commerce transfrontalier serait constitué de demandes pressantes, répétés pour des pots-de-vin. Plus de 55 % de chauffeurs ont affirmé avoir été sollicités pour payer un pot-de-vin. C'est en Tanzanie que ces demandes sont les plus nombreuses. Et c'est en Ouganda que l'incidence de payer un pourboire est la plus élevée. Autour de 40 % dirigeants d’entreprise ont pointé du doigt la corruption comme un des grands obstacles au commerce. Au Burundi, 68 % d’hommes d’affaires ont dénoncé la corruption comme le grand obstacle à l’activité économique. Mais ce nombre se réduit à 26 % en Ouganda.
Il y a une valeur monétaire associée à cet état de fait. Le commerce transfrontalier générerait 10 millions de $us. Les chauffeurs de camions et les agents de dédouanement ont estimé à 2 millions de $us l’argent perdu dans les pots-de-vin aux fonctionnaires de la douane. Ils ont déclaré aussi que 5.5 millions de $us ont été perdus en pourboire à différentes autorités publiques.
Source: The Arusha Times
La rédaction
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