Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill)

Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre.

Mis en ligne le 07 Mars 2010
Par Patrice Ndeta

Sécheresse récurrente: causes démographiques

Certaines études identifient la population comme cause principale de la faim au Burundi. C’est le cas d’une étude, Rôle de la population dans l'actuelle crise alimentaire: Cas de l’Afrique de l’Est, faite par une ONG américaine, PRB (population reference bureau) dans une de ses dernières éditions.

L’étude se penche sur la structure démographique dans beaucoup de pays de l’Afrique de l’Est. Ici nous reproduisons un de ses tableaux.

Selon cette étude, le TFF est un indicateur de croissance démographique. Le résultat le plus manifeste est une pression à la hausse sur la demande des produits alimentaires suite à la croissance de la population. En même temps, cette croissance de la population occasionne un morcellement des terres cultivables, réduit non seulement le niveau de production mais aussi la productivité car le fermier moyen n’a pas assez de terre pour lui permettre une exploitation efficace. La dernière crise alimentaire du Burundi, celle de Kirundo, serait, selon nous, une bonne illustration de cette étude

parce que la population n’avait pas de réserves alimentaires pour attendre la prochaine saison des pluies.

Population et taux de fertilité

                         TFF     Population en 2008    Population en 2025
                                  (en millions)        (en millions)

Monde....................2.7...........6705.....................8000
Afrique de l'Est.........5.4............301......................440
Burundi..................6.8..............8.9.....................15
Erytrée..................5.3..............5.0......................7.7
Ethiopie.................5.3.............79.1....................110
Kenya....................4.9.............38.0.....................51.3
Rwanda...................6.0..............9.0.....................14.3
Ouganda..................6.7.............29.2.....................56.4
Tanzanie.................5.3.............40.2.....................58.2

NB: TFF: Taux de fertilité féminine qui indique le nombre de naissances par femme.

Cette étude affirme que le Burundi connaît le taux de fertilité le plus élevé des 8 pays de la région. Elle estime aussi que le Burundi pourrait voir sa population croître de 68.59 % dans 15 ans. En faisant un petit calcul nous constatons que ce scénario de 15 millions de personnes en 2025 peut correspondre à un taux de croissance démographique de 3.5 %. Avec ce scénario, le Burundi aurait 35.6 millions d’habitants en 2050.

Projection de population en 2050


Pays..........................Taux...................Population en 2050.

Burundi.......................2.44....................21.579 millions
Kenya.........................2.97...................127.973 millions
Rwanda........................3.02....................32.483 millions
Ouganda.......................3.96...................152.169 millions
Tanzania......................3.45...................165.970  millions

NB: Chiffres des Nations Unies (unstats.un.org).

Taux: taux de croissance démographique en %, en se basant sur le scénario d’un indice constant de fertilité.

Population: nombre d’habitants.

En 1970, le Burundi comptait un peu plus de 3.5 millions d’habitants. Aujourd’hui, quarante ans après, il en compte plus du double. Ces statistiques des Nations Unies estiment que la population du Burundi en 2010 sera de 8.519 millions et qu’elle était en 1970 de 3.514 millions. En quarante ans, la population du Burundi s’est accrue de 142.43 % et cela malgré les massacres, les pandémies et la mauvaise qualité de soins médicaux.

En faisant les mêmes calculs, nous constatons que le Burundi pourrait voir sa population croître de 153.30 % pendant les quarante prochaines années. Tout le monde aura vu que les pays voisins du Burundi seront aussi fortement peuplés et ne seront très probablement pas prêts à accepter des étrangers chez eux. Les scènes récentes de Kirundo de Burundais travaillant dans les champs rwandais et tanzaniens pourraient ne pas se reproduire pendant les années à venir.

Le Burundi affiche le taux de croissance démographique le moins élevé des 5 de la liste. Cela veut dire que le nombre de naissances ne signifie pas le taux de croissance démographique. Si le Burundi enregistre un grand nombre de naissances, il connaît aussi un nombre élevé de morts suite, entre autres, aux guerres et au délabrement de ses infrastructures sanitaires.

Nous pouvons aussi affirmer que les statistiques des Nations Unies sont probablement basées sur l’histoire, sur le comportement de la population dans le passé. Les chiffres offerts par le PRB seraient des pronostics sur le futur. Les conditions de vie des Burundais pourraient être assez bonnes dans le futur pour permettre une réduction sensible de morts, ce qui créerait une pression à la hausse sur le nombre d'habitants. Ce faisant, la population du Burundi se comporterait comme celle de la région. Ce scénario des chiffres du PRB nous apprend donc que le Burundi pourrait croître de 295.5 % pendant les 40 prochaines années.

La leçon que pouvons tirer de ces chiffres est que la population du Burundi et celle de beaucoup de pays africains croissent à un rythme élevé. L’analyse de PRB selon laquelle les pénuries de vivres sont dues à une croissance de la population est pertinente. La population demeure rurale avec des techniques de production qui sont vieilles de 5000 ans. En particulier, le Burundi a un territoire exigu, ses techniques de production et de conservation des aliments auraient un besoin urgent d’une adaptation à l’époque actuelle. Nous croyons cependant qu’à l’horizon de 2050, même avec des techniques modernes, les Burundais ne pourront pas tous être agriculteurs. Il y aura sûrement des millions de personnes sans terre. Ces personnes devront faire autre chose que cultiver la terre. Des solutions existent, sauf qu’elles sont très chères, difficiles à prendre et à gérer. Mais c’est une question de vie ou de mort. Les Burundais doivent s’occuper du problème sinon c’est le problème qui s’occupera d’eux.


Source des donnees: prb.org, unstats.un.org, worldbank.org


La rédaction


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