Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill)

Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre.

Mis en ligne le 24 Mars 2011
Par Patrice Ndeta

Burundi: le pays africain le plus apprécié à la foire de Berlin

Le Burundi est devenu Le Meilleur Exposant Africain à la Foire Internationale sur le Tourisme de Berlin. Cette foire est la plus grande exposition mondiale et elle se tient chaque année à Berlin, en Allemagne.

La semaine passée, le Burundi a été couronné Roi du tourisme africain pour cette année 2011. Il a détrôné le Rwanda qui occupait la première place pour l’année 2010 et qui a gagné la deuxième place cette année. La Tunisie est arrivée troisième. La surprise a été totale car le Burundi prenait part à la foire pour la première fois, du fait de la guerre civile qui sévissait dans le pays.

Son succès, le Burundi le doit à la diversité et au choix judicieux des objets exposés. Parmi ces objets, le plus attirant a été la pierre à moudre l’éleusine. Sur le stand, une femme moulait le grain et cela a attiré beaucoup de visiteurs.

Le Burundi et le Rwanda sont les nouveaux et plus petits pays membres de la CEA (communauté est africaine). Mais ces petits semblent vouloir devenir très grands, même s’ils disposent encore de peu de moyens par rapport à leurs partenaires de la CEA.

Jusqu’a présent, le tourisme en Afrique de l’Est a comme outil, essentiellement, les parcs nationaux constitués de la nature et d'animaux sauvages. Les nouveaux membres de

la CEA veulent créer un nouveau genre de tourisme; un tourisme qui serait basé sur l’exploitation de la culture et de la civilisation nationales.

A Berlin, le Burundi et le Rwanda ont envoyé un message très fort, éloquent au monde. Ils ont montré qu’ils voulaient devenir et demeurer une grande destination touristique, un endroit attractif pour beaucoup de visiteurs.

Les chiffres viennent soutenir les participants burundais à la foire de Berlin.


                            Année                        Nombre de visiteurs               Revenu

                            1994                          ---------                       4 000 000
                            2003                           74 000                        ----------
                            2004                          133 000                         1 000 000
                            2005                          148 000                         2 000 000
                            2006                          201 000                         ---------

N.B.: Nombre de visiteurs: le nombre de visiteurs à l'arrivée dans le pays; Revenu: le montant d'argent en $us perçu dans le pays

Comme le dit l’article, la guerre civile a réellement décimé l’industrie touristique. Les chiffres nous montrent bien qu’après 1994, le revenu du tourisme a fondu comme de la neige au soleil. Depuis 2003, les opérateurs de l’industrie redeviennent de plus en plus actifs et optimistes. C’est pourquoi ils ont mis tout le paquet pour se faire connaître de clients potentiels.

Mais le tourisme est une industrie très fragile. Une moindre mauvaise rumeur ou une simple chicane politique peut faire fuir les visiteurs. L’industrie et toute la communauté nationale auraient intérêt à calmer les ardeurs “révolutionnaires” de ces gens en armes qui sèment la terreur dans le pays. Elles aideraient aussi le pays en accroissant la pression sur le chef de l’état, M. Pierre Nkurunziza, pour qu’il fasse le ménage à l'intérieur de son équipe dans le sens de plus de respect envers la loi et le citoyen. La politique du gouvernement ne fait que fournir des arguments aux fauteurs de troubles dans le pays.

Un autre problème du tourisme burundais se situe au niveau des infrastructures. Les autres pays de la région disposent de parcs nationaux avec une faune sauvage très riche. En comparant ce qui est comparable, le Rwanda a reçu 750 000 visiteurs et perçu 187 millions de $us en 2010. Le Burundi paraît insignifiant en face du Rwanda. Et pour cause, il lui manque cet outil que sont les parcs nationaux. Il ne les a pas et très probablement ne les aura jamais.

Il aura besoin de beaucoup de volonté politique et de moyens financiers pour mettre en place une industrie culturelle, comme les Burundais présents à Berlin l’ont esquissé. Il serait aussi bien inspiré s’il développait un tourisme d’affaires. Tout cela pour pallier à la relative pauvreté du pays en matière de faune sauvage. Les opérateurs de l’industrie y pensent sûrement. Mais ils sont souvent contrariés dans leurs activités par ces salariés de l’état qui rivalisent de zèle dans leur prédation économique, dans leur rançonnement d’entreprises.


Sources: busiweek.com, allafrica.com, tradingeconomics.com


La rédaction


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