Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill)

Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre.

Mis en ligne le 22 Janvier 2011
Par Patrice Ndeta

Le renchérissement des produits vivriers, profite-t-il au monde des affaires?

Les fermiers sont contents de vendre leurs produits à des prix élevés. Et les consommateurs sont ravis de les acheter à des prix très bas. “Et nous, nous sommes entre les deux”, a dit M. Alberto Weisser, le patron de Bunge, une entreprise grossiste de produits vivriers.

L’année 2010 a été mauvaise pour les fermiers russes, canadiens et ukrainiens. Et cette année 2011, en Australie et en Argentine, les récoltes ne seront pas bonnes à cause des inondations. Selon la FAO (Food an Agriculture Organization), au mois de décembre 2010, les prix des denrées alimentaires ont dépassé le sommet atteint en 2008. “La situation n’est pas très bonne aujourd’hui, mais il n’y a rien pour faire paniquer le consommateur” a dit Abdolreza Abbassian à la FAO.

Les fermiers russes, canadiens et ukrainiens ont eu une année difficile en 2010. Mais ailleurs, leurs homologues ont été plutôt

contents car ils en ont profité pour investir davantage dans leurs fermes. La production du blé s’est effondrée en Russie, mais celle du sorgho s’est accrue en Sierra Leone et au Ghana. Les brasseurs de bière, tel que Heineken, ont décidé d’utiliser le sorgho, ce qui a plu à leurs consommateurs africains et chinois.

Ces prix élevés ont aussi engraissé commerçants et industriels. Cargill, le grand industriel mondial des produits vivriers a triplé ses profits au 2ème trimestre de 2010. Le 19 Janvier, il annoncé qu’il a vendu les actions qu’il détenait dans Mosaic, une entreprise d’engrais chimique, pour 24 milliards $us. Cela a accru les liquidités dans ses caisses et lui a permis de demeurer une entreprise familiale. Il a ainsi évité de vendre une partie de l’entreprise à la bourse comme le voulaient certains membres de la famille.

Ces prix à la hausse grossissent les coûts de production des industriels. Des compagnies telles que ConAgra, General Mills, Kellogg’s et Kraft doivent accroître les prix de leurs produits. En décembre, ConAgra, qui fabrique, entre autres, des snacks à base de viande de boeuf, a subi une réduction de 16 % de ses profits. En conséquence, au même prix, elle vend actuellement des paquets plus petits pour augmenter sa marge de profit.

Par contre la suisse Nestlé, une des plus grandes entreprises alimentaires dans le monde, n’est guère inquiète. “Les prix élevés sont les bienvenus. Ils poussent les fermiers à produire plus et c’est cela que nous voulons”, a déclaré Robin Tickle. Le lait, le cacao, le café et le sucre sont les plus importants ingrédients des produits Nestlé et comptent pour 12 % des ventes de la firme. Pour se protéger contre la volatilité des prix, la compagnie suisse a signé des contrats avec certains de ses fournisseurs. Il a même décidé de contourner certains autres de ses fournisseurs en achetant directement de la ferme.

Pour les détaillants, l’inflation des produits vivriers est “modérément bonne”, a dit Christopher Hogbin de Bernstein Research. Le prix élevé des actions à la bourse va pousser les investisseurs à exiger une plus grande marge de profit. Généralement, la montée des prix de produits vivriers se fait ressentir chez le consommateur avec un retard de 6 mois. C’est pourquoi l’achat direct chez le fermier peut aider un peu. Cette année 2011, le Bernstein, qui est entreprise britannique, anticipe une hausse des prix de 6,6 %. Cette hausse a été de 3.1 % l’année passée.

Les supermarchés vont en profiter pour vendre leurs vieux produits qui, en général, sont 30 - 50 % moins chers que les nouveaux. Ils vont aussi vendre le poulet à la place de la viande de boeuf. Ils vendront aussi la pomme de terre et non le “mangetout”, le lait entier et non le yogurt.

Les petits transformateurs artisanaux vendront un peu plus car ils ne font pas de publicité et n’ont pas de gros actifs à financer. Mais ils pourraient souffrir car leurs matières premières seront chères. Beaucoup d’entre eux risquent de plus perdre qu’ils ne gagnent par l’inflation. Et si la crise perdurent, ils devront, eux aussi, accroître les prix. Mais Weisser est optimiste car la baisse de la production tend vers la fin. “L’année prochaine, les prix redescendront car les fermiers tendront à produire plus”, a-t-il dit.


Source: The economist


La rédaction


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