Mise en ligne le 25 Octobre, 2007

Les anciens chefs d’état burundais coûtent cher au pays


La grande majorité de la population vit dans la grande misère, dans une crise économique indescriptible, en grande partie à cause de l’inflation qui a réduit considérablement le revenu réel du consommateur. Les employés de l’état qui constituent l’écrasante majorité des salariés sont parmi les plus touchés par cette crise, ce qui explique les grèves quasi générales en cours actuellement. La revendication essentielle, presque unanime est la hausse du salaire. Mais pour financer, au moins partiellement, cette hausse de salaire, certains grévistes pointent du doigt la disparition des avantages “indus” accordés aux anciens chefs d’état.

Au total, nous dénombrerions au moins cinq syndicats professionnels qui sont actuellement en grève et qui, en choeur, réclament la hausse de leur salaire. Ces syndicats sont ceux des enseignants, des travailleurs non-magistrats du Ministère de la Justice, des infirmiers, etc... En guise de réponse, le gouvernement déclare que les caisses de l'Etat sont vides et qu'il faut donc patienter. La réplique des grévistes est simple et facilement vérifiable. Un groupe de 7 personnes perçoit chaque année plus de 2.5 milliards de nos francs au titre d'indemnités et avantages accordés aux anciens Chefs d'Etat et à leurs familles. Ce groupe est fait de Messieurs Domitien NDAYIZEYE, Pierre BUYOYA, Sylvestre NTIBANTUNGANYA, Jean Baptiste BAGAZA et Mme Laurence NDADAYE. Chaque membre de ce groupe a un revenu annuel d’un demi- milliard (500 millions) de nos francs. Il y a aussi Mme NTARYAMIRA et Mme MICOMBERO, chacune d’elles touche l’équivalent des 2/3 du montant d’argent perçu par chacun des premiers. Ce montant de 2.5 milliards constituerait 1.5 % et 16 % des dépenses publiques totales du Burundi en terme de salaires et de biens et services respectivement pour toute l’année 2006 et pour le mois de décembre 2006 (Réf www. brb.bi).

Un affrontement social est engagé. Le gouvernement est appelé à négocier de bonne foi et non à recourir à la dissuasion comme il a l’habitude de le faire. Seulement pour gagner la bataille de l’opinion nationale et internationale, les grévistes auraient intérêt à éviter de tomber dans un débat émotif. Par exemple, il y a le cas des veuves et des orphelins qui est très délicat et que tout le monde devrait traiter avec respect et dignité. Mais nous avons aussi la controversée question de ces anciens chefs d’état qui ont acquis une immunité parlementaire à vie et qui sont payés à ne rien faire. Bien en dehors des revendications sociales, un débat vigoureux, profond, rationnel s’impose sur ce sujet. Nous croyons que ce débat serait constitutionnel, politique et même économique. Par exemple, une pension d’ancien chef d’état serait appropriée, des exemples dans le monde sont nombreux. Seulement des pays qui convertissent leurs anciens chefs d’état en sénateurs à vie, ils ne seraient pas légion. Même le Chili, n’en aurait nommé qu’un seul. Un autre point est qu’il est nécessaire de sortir de la guerre civile, combattre l’insécurité et la corruption et relancer la machine de production pour accroître le revenu de l’état. Et tout le monde gagnerait à faire des propositions. Il n’y a pas de solution viable si une forte croissance de la production n’est pas au rendez-vous.


La rédaction


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