Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill) |
Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre. |
Mis en ligne le 23 Mars 2011 |
La Namibie de Pohamba |
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La Namibie a été gouvernée par l”Afrique du Sud pendant 75 ans. Elle est aujourd’hui un pays indépendant avec un succès politique et économique. Elle est rangée parmi les pays à revenu intermédiaire. Elle bénéficie de grosses ressources naturelles, de bonnes infrastructures et de beaux paysages. Elle est gérée par un gouvernement stable et démocratique, connaît une réelle harmonie raciale, une presse libre et une croissance économique moyenne de 4.2 % depuis 1990. Le pays a un territoire aussi grand que 150 % celui de la France et est peuplé de 2.2 millions d’habitants. Avant d’être administrée par l’Afrique du Sud, la Namibie a été une colonie allemande. Aujourd’hui, elle est classée par “Freedom in the World” parmi les 7 premiers pays africains ayant une presse libre. Et dans l’étude de Mo Ibrahim Foundation, qui a publié l’année passée l’indice de la bonne gouvernance en Afrique, la Namibie est classée 6ème sur 53 pour sa bonne gouvernance. Mais dans ce même pays qu’est la Namibie, les inégalités sociales sont très grandes. Dans la capitale Windhoek et même dans la ville de Swakopmund, vous vous croirez dans un pays riche. Les rues sont très propres et bien pavées. Elles sont aussi entourées d’élégantes et hautes bâtisses dont le sommet caresse le ciel. Il y a aussi de belles boutiques et de jolis cafés et restaurants. Mais si vous allez assez loin de grandes avenues, vous verrez des townships avec leur foule de Noirs, leurs rues sales, leurs bicoques délabrées sans électricités, sans eau courante, sans lieu d’aisance. Les villes de Namibie ressemblent à beaucoup d’autres en Afrique, la particularité ici est l’extrême disparité entre les riches et |
les pauvres.Depuis l’indépendance en 1990 et la fin des 23 ans de guerre anti-coloniale, la Namibie a vu son PIB per capita doubler en terme réel. Mais selon la Banque Mondiale, le niveau de pauvreté est demeuré constant. Deux Namibiens sur 5 (40 %) vivent avec moins de 1.25 $ par jour. Et 60 % de la population vivent de l’agriculture de subsistance. Le taux officiel de chômage est plus de 51 %, soit une croissance de 34 % depuis la dernière étude en 2004. Et puis 75 % de ces chômeurs n’ont jamais connu un travail salarié. Et la pandémie du Sida ne fait qu’aggraver le portrait surtout que le pays ignore encore le système d’assistance sociale aux démunis. Le parti au pouvoir depuis 1990 est la Swapo (south west africa’s organisation), le parti de l’indépendance du pays. Il est gangrené par la corruption. Mais il demeure populaire. Les Blancs qui compte pour 6 % des 2.2 millions de Namibiens, sont, dans leur grande majorité, satisfaits de la gouvernance du pays. La stabilité politique et économique est évidente et l’investissement étranger est en constante croissance. Sam Nujoma, le président fondateur de la Swapo et premier président de la République de Namibie a quitté volontairement le pouvoir en 2005. Mais il demeure populaire. Il est actuellement âgé de 80 ans et souffre du cancer de la prostate. Néanmoins il est toujours puissant derrière son successeur et protégé M. Hifikepunye Lucas Pohemba. La jeune génération, qui connaît peu l’histoire de la guerre anti-coloniale du pays, ne semble pas vouloir le changement. Chacune des 3 élections tenues dans le pays a été reconnue transparente et juste. Et la Swapo a gagné toutes ces élections chaque fois avec plus de 75 %. Le RDP (Rally for Democracy and Progress), une ancienne faction de la Swapo, n’a obtenu que 10 % du vote en 2009. Et aucun autre parti n’a obtenu plus de 3 %. Aujourd’hui, certains analystes croient que la Swapo sautera en plusieurs factions antagonistes après la mort de Sam Nujoma. Mais manifestement, la discipline est encore assez solide au sein du parti. A part les media, l’opposition est très réduite. Tout indique que le pouvoir de la Swapo a encore de nombreux jours devant lui. Source: The Economist Selon plusieurs sources dont www.namibian.org, M. Sam Nujoma aurait, à peine, terminé la 8ème année (2ème année de l'enseignement secondaire), un des hauts niveaux d'étude que pouvait atteindre un Noir, à cette époque des années 1940 (le niveau d'étude de M. Pohamba n'est guère plus élevé). Mais cela ne l'a pas empêché de gérer son pays d'une façon efficace et démocratique. Il ne donne, de toute évidence, aucune impression d'avoir été un demeuré, ni un fou. Il serait plutôt un bon exemple pour certains dirigeants politiques burundais. La rédaction Copyright @ www.amayagwa.com |