Nous ne capitulerons jamais! (Winston Churchill)

Oui! La mauvaise gouvernance, l'ignorance et la pauvreté ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les vaincre.

Mis en ligne le 31 Mars 2011
Par Patrice Ndeta

Le tourisme burundais et ses défis.

Les Burundais présents à la foire touristique internationale de Berlin ont bien fait le travail qui leur était assigné. Mais ils n’ont sûrement pas pu et ne peuvent pas cacher l’état calamiteux dans lequel se trouve le tourisme burundais. World Economic Forum, l’organisme suisse, vient de publier le “Rapport 2011 sur la Compétitivité des Voyages et du Tourisme” dans le monde. La dernière version est de 2009. L'organisme suisse révèle le portrait médiocre du tourisme burundais.

Dans le domaine touristique, comme dans bien d’autres, le Burundi accuse un retard abyssal. Les résultats de l’étude ne font que l’illustrer. Sur les 139 pays étudiés, le Burundi est 137ème, soit avant de l’avant dernier. En 2009, il occupait le même rang, sauf qu’à cette date, l’échantillon était fait de 133 pays. Mais en terme de points, il a marché à reculons car il a obtenu 2.8 points cette année alors qu’il avait 3.0 en 2009. Au niveau de la CEA (Communauté est africaine), le Burundi arrive bon dernier. L’Ouganda est 115ème, la Tanzanie est 110ème, le Kenya, 103ème et le Rwanda, 102ème.

Mais qu’est-ce qui fait que le tourisme burundais demeure en si piètre situation?

Le Burundi est bon dernier, 139ème, en ce qui a trait aux chambres d’hôtels. C'est le point le plus étonnant et déconcertant. Nous n’avons pas pu savoir si c’est la qualité ou la quantité ou les deux à la fois qui sont en cause. Ce point est capital. Si les chambres sont

de mauvaise qualité ou s’ils sont en nombre insuffisant, l’achalandage touristique ne peut qu’en pâtir énormément.

L’autre point négatif vient du fait que le public ne peut pas user de sa carte de crédit Visa et a difficilement accès à internet. La recherche scientifique et la formation technique sont peu disponibles et la grosse part d’entreprises touristiques est une propriété étrangère. A cela s’ajoute le problème de l’enrôlement à l’école secondaire qui est réduit, la qualité et le respect de l’environnement qui sont mauvais et les services de la police qui ne sont pas fiables. Les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires ne sont pas de bonne qualité alors que les chemins de fer sont inconnus dans le pays. Les foires et les festivals sont quasi inexistants et les stades sportifs ne permettent pas d'organiser de grosses et nombreuses rencontres sportives.

Le pays connaît quand même quelques points positifs. Il ignore quasiment la pollution au CO2, respecte les engagements pris et garde un bon pouvoir d’achat. Les enfants fréquentent en grand nombre les écoles primaires et les espèces dangereuses sont peu nombreuses.

L’étude rappelle, qu’en 2010, l’industrie touristique a crée 53000 emplois dont 24 000 emplois directs. La même année, elle a fait entrer 50 millions $us dans l’économie burundaise, soit 3.8 % du PIB. Et en 2006, le nombre de touristes était de 201 200 personnes à l’arrivée.

Le tourisme burundais est en piteux état. Mais la bonne nouvelle est qu’il a aussi un grand potentiel de croissance. Ici, nous pensons à des investissements dans l’hôtellerie. Ces investissements auraient une incidence positive sur la restauration. Des investissements accrus sont aussi nécessaires dans l’accès à internet, dans la téléphonie, l’usage des cartes de crédit, la création des salles de congrès et des centres de recherche et l’exploitation de la culture nationale. Dans tous ces projets, les entrepreneurs privés pourraient passer à la réalisation sans intervention de l’état.

Mais des investissements publics sont indispensables dans la mise en valeur des sites patrimoniaux et des musées, la mise en place et l’amélioration des infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, ferroviaires et sportives. Par exemple, l’endroit choisi comme la source du Nil, que nous voyons sur la photo, pourrait être mieux présenté au public. Seulement tout cela ne servirait à rien si la sécurité du public n’est pas améliorée d’une façon significative. Pour ces derniers points, il revient à la communauté nationale et internationale de faire des pressions sur le pouvoir de Bujumbura.

Source: World Economic Forum


Lire les résultats obtenus à propos du tourisme burundais

La rédaction


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