Le peuple burundais souffre beaucoup de l’insécurité qui prévaut actuellement dans le pays. Et il est très surpris et choqué d’apprendre que son président semble prendre le parti des criminels qui endeuillent le pays.
La réalité sur le terrain, au Burundi, montre que l’insécurité est le plus grand problème national, est la préoccupation quotidienne de la population burundaise. Des attaques à l’arme à feu sont perpétrées presque chaque jour dans les quartiers de Kamenge, Kinama, Cibitoke, Buterere, etc.. Elles tendent à se répandre maintenant à tout le territoire national. La cause de cet état de fait serait les règlements de compte, le partage de terre, les assassinats politiques et le banditisme. La rentrée massive de rapatriés des camps de réfugiés ne ferait qu’empirer la situation dans la mesure où ces rapatriés revendiquent des terres déjà occupées par d’autres personnes. Enfin les expatriés, membres et employés des Ong (organisation non gouvernementale) ont rarement été victimes de meurtres. Mais avec l’ignoble assassinat de la française Agnès Bury, tout le monde est stupéfait de constater que personne n’est à l’abri de massacres.
Et la situation pourrait devenir plus catastrophique. Selon la radio RPA (radio publique africaine), des armes seraient en train d’être distribuées à la population, en particulier aux démobilisés du Cndd-fdd. Dans la commune de Kanyosha-mairie, des démobilisés armés se promèneraient dans la rue, au vu et au su de tout le monde. Selon toujours RPA, cette distribution d’armes serait créée et organisée par le parti présidentiel, le Cndd-fdd. Le parti Frodebu, le 2ème parti en importance à l’Assemblée Nationale, accrédite la même thèse. Il dénonce le harcèlement et même le massacre dont ses membres sont victimes. Il parle de l’existence de listes pré-établies de personnes à tuer. Et les auteurs de ces listes ne seraient personne d'autres que les dirigeants du parti du chef de l’état. Et pour preuve, le parti du président Ndadaye montre deux de ses cadres locaux qui ont été tués la semaine passée. L’un résidait dans la province Kirundo et l’autre dans Kanyosha-mairie. L’ONU aussi reconnaît la gravité de la situation puisqu’elle vient de rétrograder le Burundi à la phase de 3 en terme de sécurité. Mr. Pierre Nkurunziza lui-même admet l’existence de l’insécurité dans son pays. Il avoue même que 60 % des attaques sont commises par des démobilisés. Seulement pour lui, le coupable tout trouvé est la Banque Mondiale qui n’a pas financé les projets d’insertion sociale des démobilisés. Le Chef de l’Etat ne condamne ni la violence, ni les meurtriers comme si les attaques menées contre les honnêtes citoyens sont un moyen de pression sur la communauté internationale pour un meilleur financement du développement du pays.
Le parti Cndd-fdd est, de toute évidence, peu préoccupée par l’insécurité. Il vient de créer un nouveau contexte d’une plus grande instabilité. Dernièrement, il a convoqué un autre congrès pour exclure de ses rangs un des ses membres, Madame Alice Nzomukunda qui, comme par hasard, est la 2ème vice-présidente de l’Assemblée Nationale. Aujourd’hui, Mr. Jérémie Ngendakumana, le président du parti présidentiel, avec l’appui des seuls 32 députés (sur 118), exige de l’Assemblée Nationale l’exclusion de Madame Nzomukunda du bureau de l'institution. Jusque maintenant, les 86 autres députés refusent de suivre la faction présidentielle dans ses aventures suicidaires. Mais ils se retrouvent pris, malgré eux, dans les problèmes qui ne sont ni ceux du parlement, ni ceux du pays. Tout se passe comme si le Cndd-fdd est une machine à plonger le pays dans des problèmes de plus en plus nombreux et insolubles. Une opinion veut qu’il soit à la recherche de conditions gagnantes pour les élections de 2010. Nous, nous dirions que la faction présidentielle tient plutôt à se muer en parti-état ce qui serait une bonne recette pour une autre guerre civile dont l'issue serait manifestement incertaine.
En conclusion, le pays refuse de sortir complètement de la guerre civile. Il met même en péril les acquis démocratiques. Mais la cause principale des problèmes est la gestion misérable du parti au pouvoir qui fait réellement pitié. Et le chef de l’état, Mr. Pierre Nkurunziza, est bien à l’image de son parti. Par exemple, aux questions pointues, pertinentes de la journaliste de la Voix d'Amérique, le chef de l’état s’empressait souvent de monter le ton, de gronder et de sortir des réponses idiotes comme il le fait chaque fois qu’il s’adresse à ses sujets. La presse nationale, le parlement, toute la société civile et la communauté internationale maintiendront probablement la pression sur le gouvernement et les forces de l’ordre pour les contraindre à ne pas basculer dans le chaos. Et surtout toutes les forces vives du pays tiendront sûrement à ce que la faillite du parti présidentiel ne soit pas aussi celle de toute la nation.
La rédaction
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